L’Exposition universelle de Paris (Récit Historique) par Louis Reybaud

L’Exposition universelle de Paris (Récit Historique) par Louis Reybaud

Titre de livre: L’Exposition universelle de Paris (Récit Historique)

Auteur: Louis Reybaud

Broché: 75 pages

Date de sortie: January 5, 2016

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Louis Reybaud avec L’Exposition universelle de Paris (Récit Historique)

Sommaire :

I. L’Aspect général et Industries-mères 1 juin 1867
II. Les industries du vêtement et de l’ameublement, les industries de luxe 15 août 1867

Extrait du livre :

Voici sept semaines déjà que l’exposition du Champ de Mars est ouverte, et à peine est-il permis de porter sur elle un jugement sommaire. Les débuts, à vrai dire, n’en ont pas été heureux ; la mise en scène a paru manquée ; un moment on a craint un échec. Personne, au jour de l’inauguration, qui eût l’air de prendre son rôle au sérieux, ni la commission impériale, ni les exposants, ni le public ; les esprits étaient ailleurs, et au milieu des bruissements d’armes qui remplissaient l’Europe cet appel aux arts de la paix ressemblait singulièrement à une ironie. Les intempéries, en se succédant, y ajoutaient un motif de découragement de plus, si bien que les grandes industries sont restées longtemps en retard ; on ne voyait guère à leur poste que les industries hors de concours dont le seul mérite consiste à rançonner les curieux.

Pour conjurer ces mauvaises chances, il a fallu du temps et un certain effort, aujourd’hui arrivé à son terme. Les galeries ne sont plus livrées au déballage forcené qui, dans le premier mois, les rendait inabordables ; les vitrines sont en général garnies, et les étalages seront bientôt au complet ; l’aspect est incomparablement meilleur. D’autre part, nous voici en pleine trêve, et la saison est devenue plus clémente. De là un retour d’opinion très sensible, et comme on avait exagéré le mal, on s’efforce d’exagérer le bien. L’impression juste est entre les deux extrêmes. En réalité, ce qu’il y avait d’accidentel dans les mésaventures de la première heure a disparu ou tend à disparaître ; mais il y a sur le fond même des choses des objections qui malgré tout persistent, et au sujet desquelles il est bon de s’expliquer.

Le point par où pèche surtout l’exposition de 1867, c’est le régime constitutif qui la gouverne : ce qu’elle a de plus vulnérable lui vient de là. Ce régime n’est pas celui où l’état, seul amphitryon, non-seulement traite largement ses invités, mais distribue à un certain nombre quelques marques de sa munificence. Ce n’est pas non plus celui d’un banquet par souscription où chaque convive contribuerait au fonds commun mis en réserve pour une distribution de lots. Ce n’est en un mot ni le régime français, qui est une œuvre officielle, ni le régime anglais, qui est une spéculation privée ; c’est on ne sait quoi qui n’a ni la grandeur de l’un, ni les libres allures de l’autre. On n’était pas pourtant sans savoir ce que de tels mélanges recèlent d’inconvénients ; l’épreuve en avait été faite en 1855. Alors également l’état s’était trouvé accouplé, bien à contrecœur, avec la compagnie qui avait fait construire l’insuffisant palais des Champs-Elysées : cette compagnie tenait à la lettre les clés de la maison. Force fut donc de s’accommoder avec elle, d’agir, de gérer en commun, Dieu sait au prix de quels embarras et de quels tiraillements ! Ni pour les attributions, ni pour les comptabilités, le partage n’avait pu être si bien réglé qu’il ne s’élevât chaque jour des confusions et des conflits. Beaucoup de services en souffrirent, et un procès s’en serait suivi, si l’état n’avait fini par où il aurait dû commencer, l’acquisition onéreuse de l’immeuble. Ce fut le seul moyen de divorce possible pour ce ménage mal assorti.

La leçon était rude, et dans une certaine mesure l’état l’a mise à profit. Il n’a plus voulu être à bail chez autrui, ni se donner des associés directs et en nom, il est chez lui. Une loi a affecté 6 millions aux travaux à exécuter, et la ville de Paris s’est engagée pour une somme égale en argent ou en travaux accessoires, 12 millions en tout, plus la jouissance à titre gratuit des terrains désemparés du domaine public.